Olivier Marcé (CFE-CGC Nokia) : « financer le made in France »

Quel est le but du collectif Reconstruire ?

Le collectif Reconstruire est un groupe de représentants syndicaux du personnel, d’experts en intelligence économique et d’économistes, principalement. Il a été lancé en 2019 pour faire face au démantèlement des anciens grands groupes industriels français : Alstom avalé par General Electric, Alcatel repris par Nokia, Technip marié un peu de force avec FMC… La liste est assez longue.

Comment s’est-il constitué ?

Nous nous sommes formés en 2019, avant que le Covid et la guerre en Ukraine fassent prendre conscience de la nécessité de la réindustrialisation et de la souveraineté. Depuis, on entend beaucoup ces deux mots dans la bouche des politiques mais on n’en voit pas forcément toujours le résultat dans les faits. Pour illustrer mon propos très concrètement, le dernier chiffre de l’emploi industriel en France communiqué par l’INSEE est de 12,4 %, l’un des chiffres les plus bas depuis 35 ans.

Quelles sont vos modalités d’action ?

Les différentes actions du collectif Reconstruire avaient été détaillées à Belfort lors du forum Reconstruire une industrie française souveraine et responsable d’octobre 2021. Elles visent à développer cette prise de conscience de la nécessité de la réindustrialisation. Nous avons des actions de contacts avec d’autres groupes : les Forces françaises de l’industrie (FFI), le groupe relocalisation.fr, la Société d’Encouragement pour l’industrie Nationale, entre autres.

Nous interpellons également les politiques lors des différentes élections, présidentielles, régionales et maintenant européennes. Nous avons demandé aux candidats ce qu’ils comptaient faire au sein de l’Europe en faveur de l’industrie en France, pour qu’elle se développe de manière innovante, respectueuse des salariés, du social et de l’écologie. Nous mettrons ces réponse sur notre site.

Un projet concret à communiquer ?

Comme je l’ai annoncé lors de la table ronde sur « Evasion fiscale et action syndicale », à Belfort, le 23 mai, nous travaillons intensément à la création d’un fonds d’investissement à impact « made in France », partant de l’idée qu’un certain nombre de salariés ne veulent plus mettre leurs économies dans des fonds d’investissement qui suppriment des emplois en France. Il permettra d’investir dans les sociétés respectueuses de l’emploi et de l’écologie, et qui payent leurs impôts en France.

Propos recueillis par Gilles Lockhart