La CFE-CGC Métallurgie signe un accord sur l’égalité professionnelle

Améliorer la place des femmes dans l’industrie, féminiser les effectifs dans les entreprises, continuer de réduire les inégalités salariales hommes-femmes et favoriser les parcours professionnels de ces dernières : tels sont en substance les objectifs et les engagements affichés par le nouvel accord dont se dote la branche métallurgie (environ 1,6 million de salariés).

« Avec la nouvelle convention collective dans la métallurgie signée en 2022 et entrée en vigueur début 2024, qui a revu tous les accords existants (classification des emplois, salaires, protection sociale, etc.), les partenaires sociaux de la branche ont souhaité mettre à jour les obligations conventionnelles relatives à l’égalité professionnelle, dont le dernier accord thématique datait de dix ans », explique Michèle Brient, secrétaire nationale QVT, protection sociale et RSE pour la fédération CFE-CGC Métallurgie, par ailleurs déléguée syndicale et responsable de la section CFE-CGC Airbus Atlantic sur le site de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique).
 

ACCELÉRER LA MOBILISATION DE LA BRANCHE EN FAVEUR DE L’ÉGALITÉ DES CHANCES ET DE TRAITEMENT TOUT AU LONG DE LA VIE PROFESSIONNELLE

Signé le 24 avril dernier par l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) pour la partie patronale, et par trois organisations syndicales représentatives de la branche (CFE-CGC, CFDT et FO), ce nouvel accord « acte la volonté commune d’accélérer la mobilisation de la branche en faveur de l’égalité des chances et de traitement tout au long de la vie professionnelle ». Le texte contient un ensemble de dispositions et d’objectifs visant ainsi à :

  • Supprimer les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes.
     
  • Supprimer les écarts en matière d’évolution de carrière et de promotion.
     
  • Intéresser et donner envie aux femmes de venir travailler dans l’industrie.
     
  • Faire progresser la part des femmes dans les effectifs des entreprises.
     
  • Favoriser leurs parcours professionnels et leurs évolutions de carrière.

« La négociation, débutée en novembre 2023, s’est déroulée dans un climat plutôt consensuel, témoigne Michèle Brient, négociatrice CFE-CGC aux côtés de Fabrice Nicoud, président fédéral, et de deux délégués nationaux, Nasser Boualam et François Michalski. Les parties prenantes partagent la vision d’agir en faveur de l’égalité professionnelle et de tenir compte des évolutions sociétales et législatives, par exemple la loi Rixain de 2021 sur l’obligation de représentation équilibrée femmes-hommes dans les postes de direction des grandes entreprises. Cet accord, signé pour 4 ans (2024-2028), est plutôt satisfaisant : il fixe un cadre (emploi, recrutement, formation, évolution de carrière, promotions, reconversions, entretiens professionnels) avec des objectifs clairs et des indicateurs de suivi sur lesquels nous serons très vigilants, en particulier les écarts femmes-hommes en termes de promotions. »

En matière de rémunération, la militante rappelle que le secteur de la métallurgie fait déjà partie des bons élèves puisque l’écart salarial hommes-femmes n’y est que de 3 % contre 14,9 % en moyenne, selon l’INSEE. « Dans l’industrie, l’écart se réduit mais encore trop lentement, comme le montrent les enquêtes réalisées tous les deux ans par l’APEC. Il faut donc encore mener des efforts en entreprise. Idem en matière de recrutements puisque les femmes restent sous-représentées (23 % en 2023 contre 22 % en 2016) dans les métiers de la métallurgie. »

La CFE-CGC Métallurgie s’inscrit dans ces démarches de sensibilisation, notamment au travers de notre réseau « Les Elles de la Métallurgie » »

Par ailleurs, l’accord prévoit des partenariats associatifs et, avec les organisations du Service public de l’emploi, des actions de communication et de promotion des métiers, ainsi que des guides opérationnels à destination des entreprises.

« La CFE-CGC Métallurgie s’inscrit elle aussi dans ces démarches de sensibilisation, notamment au travers de notre réseau « Les Elles de la Métallurgie », un groupe composé de 80 militantes pour élaborer des propositions et faire gagner en visibilité nos élues dans les cercles institutionnels et économiques », souligne Michèle Brient.

Mathieu Bahuet